Vue du Palais Gallien

2016
Vue du Palais Gallien, début XIXe s., attribuée à Pons-Emmanuel-Ferréol Beaugeard, Gouache et aquarelle sur feuilles raboutées, 80 x 160 cm, Inv. 2016.6.1, Participation de l’Association des Amis du musée d’Aquitaine à l'acquisition de l'œuvre par la Mairie de Bordeaux

« Cette toile évoque un décor de théâtre où la vie quotidienne contemporaine se mêle à la grandeur antique. Le peintre s'est placé au niveau de l'actuelle place Galienne. La rue du Palais Gallien suit le bord inférieur du cadre. Deux rues s'y rejoignent, devant les vestiges d'une arcade, créant des lignes de fuite qui donnent toute sa profondeur à la composition. À gauche, la rue Planturable (rue Émile Fourcand) conduit le regard vers le lointain alors que la future grande rue du Colisée, qui n'est pas encore aménagée, se dirige vers la porte ouest de l'amphithéâtre.
Cette gouache témoigne de l'état de l'amphithéâtre après la destruction à l'explosif de la porte du levant. La porte du couchant et une partie des arcades voisines sont dans un état proche de celui que nous connaissons mais celles qui sont représentées sur la droite du dessin ne sont plus visibles, enclavées dans les maisons et les jardins. elle située au croisement de la grande rue du Colisée et de la rue Planturable a disparu depuis.
Les rayons rasants du soleil matinal percent les nuages du ciel tourmenté et créent un fort contraste entre les grandes ombres et les zones fortement ensoleillées. L'artiste a habilement distribué les personnages qui vaquent à leurs occupations, en une multitude de scènes très vivantes, dans un espace à la profondeur accentué par les lignes de fuite des rues. Toute cette activité humaine est exemplaire de l'intérêt pour les costumes traditionnels locaux qui se développe dans la première moitié du XIXe siècle. Cet intérêt pour les images du petit peuple est ancien et les petits métiers dans leur grande diversité ont été croqués par les artistes détaillant avec précision les costumes et les instruments de travail. C'est au siècle des Lumières que le peuple de ville devient un motif à la mode et que les plus grands artistes (F. Boucher, E. Bouchardon, G. de Saint Aubin ...) dessinent des suites qui connaissent un grand succès.
Au XIXe s., les albums illustrés de paysans aux tenues chaoyantes sont très prisés. Certaines graveurs ont produit, région par région, des séries de planches de costumes typiquement régionaux. Si ces albums ne peuvent être considérés comme des sources de documentation sûre pour le vêtement populaire réellement porté au XIXe, ils participent cependant à la création d'ethnotypes régionaux et sont sources d'inspiration pour les représentations de la province.
Au début su XIXe s., l'amphithéâtre devient un motif privilégié des peintres romantiques. Décor pour scènes pittoresques de la vie populaire dans un cadre de ruines antiques et de masures, il est le sujet de nombreuses gravures ou lithographies pour illustrer des ouvrages historiques ou des recueils monumentaux comme La Guienne historique et monumentale (1842). »

Catherine Bonte

Vue du Palais Gallien, ©photo A. Migeon mairie de Bordeaux

Vue du Palais Gallien, ©photo A. Migeon mairie de Bordeaux