Portrait de Blaise de Montluc

Portrait de Blaise de Montluc, François Bignon (graveur) et Zacharie Heince (dessinateur d'après Philippe de Champaigne), milieu XVIIe s., gravure au burin et à l'eau forte sur papier filigrané, feuille : 50,3 x 36,6cm, cuvette : 41,7 x 29,7cm, Inv. 2001.7.1

Don de l'Association des Amis au musée d'Aquitaine en 2001

Cette gravure est l'une des 26 planches exécutées pour l'ouvrage de Marc de Vulson, Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, publié en 1650 sous l'égide du chancelier Séguier : Les Portraits des hommes illustres françois qui sont peints dans la galerie du Palais Cardinal de Richelieu… desseignez et gravez par les sieurs Heince et Bignon.
Pour orner la galerie à la française de l'aile nord-ouest du palais qu'il se faisait bâtir rue Saint-Honoré, le cardinal de Richelieu avait commandé à Philippe de Champaigne et Simon Vouet les portraits des héros, ecclésiastiques et hommes de guerre qui, par leur courage ou leurs conseils, avaient fait la grandeur du royaume. Réalisés entre 1630 et 1635, ces portraits, dont celui de Blaise de Montluc peint par Philippe de Champaigne, ont été dispersés lors de la destruction de la galerie en 1727. Ce sont donc les gravures, exécutées par Bignon et Heince, qui permettent de connaître ce décor. 
 
Autour de Blaise de Montluc, se succèdent les devises conçues par Jean Guisse et les scènes évoquant ses actes mémorables, œuvres d'un élève de Vouet, Charles Poerson et du flamand Juste d'Egmont. Ce portrait d'apparat représente Blaise de Montluc en pied, portant le collier de l'ordre de Saint-Michel. Deux points noirs sur son visage indiquent l'emplacement de la terrible blessure reçue au siège de Rabastens mais seulement évoquée par cette convention picturale. Dès qu'il est en âge de porter les armes, il prend part aux guerres d'Italie et s’illustrera lors des guerres de religion. Il servira fidèlement ses rois, de François Ier à Henri III.
Sur le bandeau supérieur, un cartouche tenu par des rosaces en trompe-l’œil présente son éloge et son blason. Dans les marges latérales et inférieures, les tableaux représentant quelques épisodes des campagnes d'Italie et des guerres de religion alternent avec des devises dont la devise propre de Montluc pour ses succès contre les ennemis du roi : Deo duce, Ferro comite (Dieu m'aidant, mon épée me seconde).
Après la signature de la paix de Saint Germain, le 8 août 1570, et la réconciliation avec les protestants, Montluc est désavoué et la lieutenance de Guyenne lui est enlevée. Il se retire sur ses terres et commence la rédaction de ses Commentaires. S’il y défend son honneur contre les accusations de trahisons, lâcheté et concussion, il veut aussi proposer aux militaires un manuel de conseils tactiques et se présenter  comme un défenseur de la religion et de la royauté. Blaise de Montluc construit lui-même sa légende de son vivant et se place à l'égal des grands serviteurs du royaume. 
En 1573, le duc d'Anjou le prend dans son état-major et il assiste au siège de La Rochelle. Devenu le roi Henri III, il lui remet le bâton de maréchal de France en récompense de ses services. Ses armes couronnées, entourées du collier de l'Ordre de Saint-Michel, sont désormais posées sur deux bâtons de maréchal en sautoir.
 
En 1834 Henry Scheffer (1798-1862) copiera le portrait de Philippe de Champaigne et Blaise de Montluc prendra place au musée historique de Versailles parmi les grands hommes qui ont fidèlement servi le royaume.
 

Catherine Bonte

Pour en savoir plus : www.amis-musee-aquitaine.com


Portrait de Blaise de Montluc, François Bignon (graveur) et
Zacharie Heince (dessinateur d'après Philippe de Champaigne)
milieu XVIIe s., gravure au burin et à l'eau forte sur papier filigrané
feuille : 50,3 x 36,6cm, cuvette : 41,7 x 29,7cm, Inv. 2001.7.1
© L. Gauthier, mairie de Bordeaux

 
Portrait de Blaise de Montluc, ©photo L. Gauthier mairie de Bordeaux

Portrait de Blaise de Montluc, ©photo L. Gauthier mairie de Bordeaux