Oratoire de la tour de Veyrines - plan et relevé des peintures murales

Oratoire de la tour de Veyrines - plan et relevé des peintures murales, Alexandre Denuelle, vers 1853, 5 dessins à la plume sur papier calque, Inv. 98.1.1 à 98.1.5, Don des Amis du musée d'Aquitaine

La tour carrée, aujourd'hui isolée au milieu d'un pré à Mérignac et seul vestige de la place forte édifiée par Arnaud de Blanquefort en 1290, est la porte-donjon construite en 1320-25. La famille de Montferrand qui en est propriétaire à la fin du XIVe siècle, transformera le rez-de-chaussée en une chapelle luxueusement décorée de fresques encore partiellement conservées avec un sol revêtu de carreaux de terre cuite glaçurée rouge estampée de motifs blancs. Vendue comme bien national à la Révolution, elle servit de grange à foin et les murs furent très dégradés par les coups de fourche mais, jalon sur la carte de Cassini, elle sera toujours conservée.

 
Plan de la tour de Veyrines
de Mérignac, Inv. 98.1.1
 

En 1853, Alexandre Denuelle fit le relevé du plan et des peintures murales, à la plume sur papier calque.

Le programme pictural commence sur la paroi sud avec l'Annonciation, la fuite en Égypte mais Denuelle ne représente ni la Nativité ni l'annonce aux bergers mentionnées par Léo Drouyn dans la Guienne Militaire (1865) mais déjà très peu lisibles. Ensuite, deux grands tableaux verticaux représentent des scènes hagiographiques : saint Georges terrassant le dragon et saint Christophe portant l'Enfant Jésus. La place relativement importante dévolue à saint Georges dans la composition générale, pourrait indiquer que l'oratoire était dédié au saint patron de l'Angleterre.

Le récit de la Passion débute sur la paroi ouest avec trois scènes qui suivent l'arrestation du Christ : les premiers outrages, Ponce Pilate se lavant les mains et la Flagellation. Le récit se poursuit sur la paroi nord avec le Portement de Croix, la Déposition de Croix et la mise au Tombeau. Puis sont représentés, la Résurrection, la descente aux limbes, Noli me tangere, l'apparition aux apôtres et l'Ascension. Sur la paroi est, l'autel en pierre est situé dans un renfoncement sous une fenêtre ouverte. Au centre du tympan, Dieu le Père présente son Fils sur la Croix à la vénération de la famille seigneuriale, accompagnée de ses saints patrons. Sur l'intrados du renfoncement, de grands rinceaux de feuillages se déploient de chaque côté d'un carré axial portant la Sainte Face au nimbe crucifère. Au-dessus de la fenêtre : La Vierge Marie et saint Jean sont agenouillés au pied de la Croix entourés de donateurs. Sur les murs latéraux, un solitaire priant et saint François d'Assise recevant les stigmates.

Jean Sautreau (RAB, 1988) a avancé des hypothèses de datation pour ces peintures muales, réalisées pendant la présence anglaise en Aquitaine. Elles seraient un exemple de 'art pictural anglais du XIVe siècle et les parallèles avec les albâtres anglais sont notables. Par ailleurs si l'équipement de saint Georges peut indiquer la seconde moitié du XIVe siècle, l'étude des carreaux par Béatrice Cicuttini a confirmé une hypothèse de datation vers la fin du XIVe siècle ou le début du XVe siècle. L'auteur n'est cependant pas identifié, est-ce un peintre anglais ou un artiste local s'inspirant d'œuvres anglaises ?

Ainsi ces dessins sont un précieux témoignage de la décoration de l'oratoire tel qu'il était encore conservé au milieu du XIXe siècle et du faste des demeures seigneuriales.

  

 Relevé de la paroi Sud  Inv. 98.1.2  

   

Relevé de la paroi Ouest  Inv. 98.1.3 ;  Relevé de la paroi Nord Inv. 98.1.4                

 

Relevé de la paroi Est  Inv. 98.1.5

Catherine Bonte

Oratoire de la tour de Veyrines - plan et relevé des peintures murales, ©photo L. Gauthier mairie de Bordeaux

Oratoire de la tour de Veyrines - plan et relevé des peintures murales, ©photo L. Gauthier mairie de Bordeaux