Mars 2014 - Masque Bamiléké du Cameroun

Collection Catherine et Patrick Sargos. Dépôt au musée d'Aquitaine
Tissu perlé supporté par une armature en vannerie.

Ce masque est actuellement exposé dans les nouvelles salles permanentes du musée d'Aquitaine, Bordeaux port(e) du monde 1800-1939.

 

Les masques sont les moyens de transmission de quelque chose qui nous dépasse. Amadou Hampâté Ba.

 

La société Bamiléké

Si le territoire ouest du Cameroun est habité depuis des millénaires, la division actuelle en chefferies n'a commencé qu'à partir du XIVème siècle. Chaque chefferie est dirigée par un roi le fon (ou fo). Il est aidé dans sa tâche par des ministres et des dignitaires. Les sociétés secrètes jouent également un rôle politique et économique ; elles pratiquent et organisent les cultes rituels et sont les gardiennes de l'ordre social.

Sur le plan religieux, les Bamiléké croient en un être suprême, le Si, qui domine les dieux et les ancêtres ; c'est à travers ces derniers qu'ils s'adressent au Si. Mais une force spirituelle abstraite, le ké, qui donne aux hommes de pouvoir, aux sociétés secrètes, et surtout aux objets sacrés, leur puissance occulte.

On peut estimer que, en moyenne, les chefferies sont espacées d'une soixantaine de kilomètres. Les communications sont donc difficiles, mais des sentiers étaient autrefois utilisés pour les échanges commerciaux. Les sculpteurs aussi se déplaçaient ; en conséquence, l'origine des masques est souvent difficile à déterminer ; de plus, le même modèle peut avoir des fonctions un peu différentes d'une chefferie à l'autre.

Les masques, la danse et les cérémonies

L’Afrique est le continent des masques. Entre les mains des sociétés secrètes, des confréries, des classes d’âges, associés à tous les événements importants de la vie, ils détiennent et transmettent le savoir.

Les cérémonies publiques voient l'utilisation de masque, dont certains ont un caractère purement festif ; ils sont portés par des danseurs costumés qui miment des scènes de la vie courante ou de la mythologie, ou qui accomplissent des figures acrobatiques ; ils sont essentiellement un rôle de divertissement, ce qui ne les empêchent pas de posséder un caractère sacré. Cependant, ces cérémonies ne se limitent pas à des intermèdes ludiques, mais comportent des phases consacrées à la rencontre avec les esprits concernés.

Au sein des confréries secrètes, les masques peuvent être destinés à la sorcellerie, à l'initiation, à la médecine, aux funérailles, à l'intronisation d'un nouveau roi ou aux commémorations d'ancêtres, pour ne citer que les utilisations les plus classiques.

Figurations animalières

Les sculpteurs africains se sont distingués dans leur art à représenter les animaux, et même à en inventer. S'ils ont su tirer parti de la figuration humaine dont la richesse est inégalable, ils se sont révélés d'une imagination sans borne dans le domaine de la sculpture animalière.

L'éléphant, animal prestigieux, a bénéficié de moins de représentations africaines que l'antilope par exemple, mais chaque fois, elles soulignent la puissance ou le haut rang social, voire le pouvoir. Les masques en tissu perlé se retrouvent dans tout le Grassland camerounais. Ils sont censés figurer un éléphant.

Chez les Bamiléké du Cameroun, l'éléphant est le plus important des masques de danse. Il incarne le roi.

Masque bamileké du Cameroun. Musée d'Aquitaine. Photo Amaurie Grellier, ville de Bordeaux.

Masque bamileké du Cameroun. Musée d'Aquitaine. Photo Amaurie Grellier, ville de Bordeaux.

Masque bamileké du Cameroun. Musée d'Aquitaine. Photo Amaurie Grellier, ville de Bordeaux.