Lot de 31 dessins préparatoires pour des vitraux

Lot de 31 dessins préparatoires pour des vitraux de l'atelier de Gustave Pierre Dagrant, papier, gouache crayon, fin XIXe siècle - début XXe siècle, Inv.2012.1.4 à 34

Don de l'Association des Amis au musée d'Aquitaine en 2011

 
Né à Bordeaux, Gustave Pierre Dagrand y revient après ses études à l’Ecole des Beaux Arts de Bayonne et travaille comme « ouvrier peintre-verrier », élève de Joseph Villiet, qui s’était formé chez Thibault à Clermont-Ferrand. Après quelques années à Biarritz, il s’installe définitivement à Bordeaux en 1872, dans un immeuble de deux étages abritant à la fois son appartement et l’atelier, au n°7 du cours Saint-Jean (cours de la Marne) avant de s’agrandir en 1884, rue Tiffonet, aux nos 12,14, et 16. Les cachets des dessins portent ces adresses successives qui sont, avec le changement du nom du cours Saint-Jean rebaptisé, en 1919, cours de la Marne, une première indication pour les dater. En 1889, un jugement du tribunal d’instance de Bordeaux autorise Gustave Pierre à modifier l’orthographe de son nom pour s’appeler désormais Dagrant mais l’ancienne orthographe sera encore fréquemment utilisée. Il travaille avec ses trois fils, Maurice, Charles et Victor ainsi qu’avec son beau-frère, Jean Georges Chauliac, et son gendre Albert Borel. Après sa mort, en 1915, le cachet G. P. Dagrant sera utilisé par ses successeurs. A la fin du XIXe siècle, l’entreprise est à son apogée et Gustave Pierre siège dans plusieurs Sociétés Savantes ainsi qu’au conseil municipal. La maison Dagrant étend son marché bien au-delà des frontières de la France. Il travaille beaucoup en Italie. En 1883, le Pape Léon XIII lui décerne la croix de Saint-Sylvestre et en 1888 Gustave Pierre est nommé peintre-verrier de la basilique Saint-Pierre de Rome et l’un des dessins offerts au musée d’Aquitaine  (fig. Inv. 2012.1.19), projet pour un vitrail de la chapelle Saint-Nicolas de la basilique, est un témoin de cette production. Ses vitraux ont du succès jusqu’en Amérique du Sud où, associé au peintre bordelais François-Maurice Roganeau qui, pendant ses études aux Beaux-Arts, avait été dessinateur dans l’atelier du verrier, il réalise vers 1900, les vitraux de la basilique de Lujan (Argentine) et vers 1915 les plafonds en verrières de la Chambre des Représentants du Sénat de Bogota (Colombie). Un autre dessin, daté de 1903 et représentant un saint dominicain, était destiné à l’église  San-Rafael de Heredia au Costa Rica. 
 
Mais au XXe siècle, la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat puis la Première Guerre Mondiale arrêtent le développement de l’entreprise dont la situation se dégrade encore avec la crise économique de 1930 puis la Seconde Guerre mondiale jusqu’à sa disparition définitive en 1972. Cet ensemble de dessins préparatoires illustre bien les différents domaines de production de la maison Dagrant qui créa des vitraux religieux, ornementaux ou historiés, ainsi que des vitraux civils. Il permet aussi de voir les différents stades d’élaboration des projets entre le premier jet qui fixe les grandes lignes et la maquette, où le dessin définitif est représenté à l’échelle au 1/10ème, avant la réalisation du carton final à l’échelle réelle. Les cartons n’étaient pas des modèles uniques et resservaient plusieurs fois avec des variantes de format, de couleur ou une inversion des motifs. Ce lot de dessins complète le fonds important que possède déjà le musée d’Aquitaine.
 

Catherine Bonte

Pour en savoir plus : www.amis-musee-aquitaine.com

Carton de vitrail Dagrand. Photo mairie de Bordeaux
Dessin prépratoire pour vitrail,
atelier de Pierre-Gustave Dagrand,
papier, gouache crayon,
fin XIXe siècle - début XXe siècle
Inv.2012.1.4 à 34


 

 

 

Carton de vitrail Dagrand. ©Photo mairie de Bordeaux

Carton de vitrail Dagrand. ©Photo mairie de Bordeaux