Ensemble franc-maçon de la loge de l'Étoile de la Gironde

Ensemble franc-maçon de la loge de l'Étoile de la Gironde, vers 1815 - 1855, soie et coton brodés et pailletés, Inv. 2007.9.1 à 2007.9.7

Don de l'Association des Amis au musée d'Aquitaine en 2007

Cet ensemble a appartenu à des membres de l'Étoile de la Gironde qui s'était constituée à l'Orient de Bordeaux par l'Acte constitutif du Grand Orient de France à la date du 2e jour du 10e mois de l'an de la Vénérable Loge 5813 (2 décembre 1813), déclarant se placer sous ses auspices pour se livrer à la pratique des vertus philanthropiques et vouer ses travaux à la gloire du Grand Architecte de l'Uniers. Agitée par des querelles religieuses internes car constituée en grande partie de juifs, elle fut contrainte de se mettre en sommeil en 1816. En 1826, après de nombreuses vexations, elle fut définitevement reconnue par les loges bordelaises et travailla jusqu'au 25 avril 1855, date à laquelle elle fusionna avec l'Essence de la Paix et le Triangle pour fonder l'Étoile du Progrès qui devint ainsi l'une des plus grandes loges de Bordeaux. Ses règlements particuliers (inc. 2007.9.6) furent imprimés en 1838; si chaque obédience possède sa propre constitution dont les principes de base ont été énoncés en 1723 dans les « Constitutions d'Anderson » ainsi qu'un règlement général, à l'intérieur de l'obédience, un atelier peut cependant se doter d'un statut particulier pour préciser les modalités de son fonctionnement et un exemplaire est remis à tout nouvel apprenti le jour de son initiation. Le second ouvrage, un catéchisme du 1er degré (Inv. 2009.7.7), instruction par demandes et réponses, enseigne au néophyte la symbolique du grade d'apprenti.

En effet, l'enseignement maçonnique est une méthodologie de la connaissance s'appuyant sur des symboles qui permettent de représenter par voie analogique des réalités et des lois impossibles à définir avec des mots. Sous le titre, figurant les outils du premier grade, le ciseau et le maillet, avec lesquels l'apprenti, va commencer à dégrossir sa « pierre brute » c'est-à-dire sa propre personne dans l'espoir de façonner « la pierre cubique » ou l'homme idéal.

Le tablier du compagnon (Inv.2007.9.2) est bordé d'un galon tuyauté bleu qui indique le grade de maître dans le rite français. Le plat et la bavette sont brodés de symboles : l'Étoile Flamboyante, le soleil et la lune, les branches d'acacia, le compas et l'équerre entrecroisés. Ces deux outils opératifs intimement liés sont les symboles fondamentaux de la franc-maçonnerie ; leur connaissance et leur médiation permettent la découverte de sa propre personnalité. L'équerre, outil passif, est le symbole de la matière qu'elle rectifie et ordonne et donc celui de l'action de l'homme sur le monde matériel, de l'équité et de la justice. Le compas, outil actif, mobile, sert à prendre la mesure de toutes choses, à construire et ainsi est l'image de l'emprise sur la matière, de la primauté de la réflexion sur les passions, de la prudence et de la tempérance. Ainsi, au début du parcours maçonnique, la matière domine puis l'esprit s'intègre à la matière pour la dominer mais tous deux restent indissociables.

Complètent cet ensemble :

Un tablier de maître de rite français (Inv. 2007.9.1) : Le tablier de maître, en peau ou en satin blanc, bordé de bleu dans le rite français, est brodé d'attributs et de lettres symboliques. Héritier direct de la maçonnerie opérative où les maçons le portaient pour se protéger, il symbolise, dans la maçonnerie spéculative , la construction du Temple de l'humanité idéale. Il faut améliorer, perfectionner l'être humain pour qu'il atteigne son épanouissement, la perfection et la lumière.

Une poche à tablier maçonnique (Inv. 2007.9.3)

Un cordon de maître richement décoré (Inv. 2007.9.4) : Le cordon est l'ensemble des décorations du "décor" et se porte soit en sautoir pour les grades supérieurs, indiquant une fonction officielle, soit comme ici en écharpe, rappel du baudrier soutenant l'épée, apanage des nobles sous l'ancien régime mais porté sans distinction sociale par les francs-maçons, signe de l'égalité entre tous. Le port de l'épée se perdant, il n'en subsiste que le baudrier, simple écharpe de couleur bleue dans le rite français, constellée de symboles et portée de l'épaule droite au flanc gauche avec un insigne maçonnique suspendu à son extrémité. Alors que le port du tablier est rituel, celui de l'écharpe n'est pas obligatoire; bien que réservé aux maîtres, les apprentis et compagnons peuvent se "décorer" au grade de maître lors des tenues blanches (séances de travail).

Une « médaille de loge » (Inv. 2007.9.5) : Le Vénérable en décorait le néophyte en lui donnant les insignes du premier grade.

   

Inv. 2007.9.1 : tabliers de maître de rite français ; Inv. 2007.9.2 : tablier de compagnon 

 

Inv. 2007.9.3 : poche à tablier maçonnique ; Inv. 2007.9.4 : cordon de maître

  

Inv. 2007.9.5 : médaille maçonnique ; Inv. 2007.9.6 : règlement franc-maçon ; Inv. 2007.9.7 : catéchisme maçonnique

Catherine Bonte

Tablier de compagnon, ©photo L. Gauthier mairie de Bordeaux

Tablier de compagnon, ©photo L. Gauthier mairie de Bordeaux