Château Chêne-Vert à Mérignac

Château Chêne-Vert à Mérignac, Antoine Gonzalès, 1783, gouache sur papier, 45 x 62 cm, Inv. 2005.1.1

Don de l'Association des Amis au musée d'Aquitaine en 2005

En 1756 , dès l'âge de 14 ans, Antoine Euzèbe Gonzalès entre dans l'atelier du peintre décorateur Giovanni-Antonio Berinzago (1707 - 1787). Ils travaillent ensemble jusqu’au départ de l’artiste milanais vers 1786 et ornent de jeux de perspective et de décors en trompe-l'œil, la chapelle et l’escalier d’honneur du palais de la Bourse (décors disparus en 1817), la salle à manger du palais Rohan, la voûte de l’église Saint-Bruno et réalisent des décors de théâtre. Sur présentation de son maître, il est agréé à l’Académie des Arts de Bordeaux en 1784 comme peintre de genre et définitivement reçu en 1785. À partir de 1786, il lui succède à la chaire de professeur adjoint pour la géométrie et la perspective et comme décorateur ordinaire du Grand Théâtre. S’il est habile "perspecteur", il est aussi passionné par l’architecture gothique, peint des ruines romaines et des paysages avec une prédilection pour la gouache sur vélin.

Prenant quelques libertés avec la réalité, Gonzalès représente la demeure de l'armateur et négociant bordelais Raymond Viard qui avait acheté en 1777 l'ancien bourdieu de Chêne-Vert, élevé au rang de maison noble en 1749, et en avait confié la reconstruction à l'architecte Etienne Laclotte (1728-1812). Il y vécut jusqu’en 1790. Dans cette période de prospérité économique, soucieuse de marquer son appartenance à une élite sociale, la grande bourgeoisie investit dans la terre et crée de vastes domaines viticoles à Mérignac.

De plan rectangulaire, à deux niveaux et couverte d'ardoises, la demeure présente une façade à cinq travées de baies rectangulaires, une corniche à denticules et des chaines à refends. Au centre, l'avant-corps, précédé d'un large degré, porte un balcon sur consoles avec un garde-corps de ferronnerie. Gonzalès le montre couronné d'un fronton triangulaire dont le cartouche se détache sur un cuir découpé alors que dans la réalité cet avant-corps est en arc de cercle et couvert d’un fronton cintré et ondé. Plus soucieux d’effet esthétique que de vérité architecturale, le peintre n’hésite pas, pour créer un effet de profondeur, à placer devant la façade sur jardin, la haie de buis qui se trouve à l’élévation principale. Deux autres dessins (coll. part.) d’Antoine Gonzalès, traités de la même manière, représentent Chêne-Vert. L’un montre la façade sud ouvrant sur des parterres ; l’autre montre la façade nord avec des variantes (fenêtre centrale de l’étage carrée et non cintrée, sphinges implantées de face et non pas, comme ici, latéralement).

Catherine Bonte


Château Chêne-Vert à Mérignac
, Antoine Gonzalès, 1783
gouache sur papier, 45 x 62 cm, Inv. 2005.1.1
© L. Gauthier, mairie de Bordeaux
 

Château Chêne-Vert à Mérignac, ©photo L. Gauthier mairie de Bordeaux

Château Chêne-Vert à Mérignac, ©photo L. Gauthier mairie de Bordeaux