Bordeaux vers 1450, description topographique

Bordeaux vers 1450, description topographique, Leo Drouyn, 1874, I vol. in-4, 621 p., Inv. 98.15.1

Don de l'Association des Amis au musée d'Aquitaine en 1998

Après une enfance à Izon, dans l'Entre-Deux-Mers, Léo Drouyn est envoyé au Collège Royal de Nancy où i apprend le dessin et acquiert une culture artistique. De retour à Bordeaux en 1835, il entre dans l'atelier de Jean-Paul Alaux et s'initie à la lithogravure et à la gravure avant de partir à Paris où il se lie avec les paysagistes de l'École de Barbizon. C'est dans l'atelier de Louis Marvy que Léo Drouyn se forme réellement à cette technique dont il sera, dès son retour à Bordeaux en 1842, le maître incontesté.

Dans cette époque de redécouverte du Moyen-Age, ce fervent défenseur du patrimoine fait œuvre d'historien, d'archéologue, de peintre et de graveur. Il recense méthodiquement les monuments de la région, accompagnant ses dessins de notes et de détails analytiques avant de les graver. L'inventaire des édifices militaires médiévaux donnera naissance, en 1865, à La Guienne militaire avec 152 planches à l'eau-forte. Puis délaissant son activité de graveur pendant une dizaine d'années, il se consacre à des études historiques avec la Société des Archives historiques de la Gironde et la Commission chargée de publier les documents les plus précieux des Archives municipales de Bordeaux, toutes deux animées par Jules Delpit. Cette Commission avait conscience de la nécessité de posséder un plan de la ville telle qu'elle se présentait vers la fin du Moyen-Age car tous les plans connus étaient sommaires et insuffisants pour des recherches historiques poussées. Léo Drouyn se consacra à l'établissement du plan de la cité accompagné d'une nomenclature topographique, donnant la synonymie des rues et des indications de détails que le plan ne pouvait contenir. Ainsi, peu à peu, les notes justificatives accompagnant le plan ont donné naissance à ce volume, Bordeaux en 1450, publié en 1874. Le frontispice est une gravure sur cuivre du plan, signée et datée de 1873. Après une présentation générale de la ville et de ses agrandissements successifs, Léo Drouyn commence une étude très détaillée des murs et fossés des trois enceintes. Il répertorie minutieusement, par ordre alphabétique, tous les éléments archéologiques qu'il réunit en chapitres consacrés successivement aux : Portes, Tours, rôle des Tours de Bordeaux en 1572, Quartiers, Paroisses, Sauvetés, Jurades, Ports, Ruisseaux, Rues, Cours ou Fossés, Chemins, Places, Carrefours, Padouens, Chapelles, Couvents, Hôpitaux, Cimetières, Charniers, Croix, Clochers, Ponts, Moulins, Fontaines, Puits, Dépôts des Bourriers, Monuments, Édifices publics, Édifices divers, Maisons, Chais, Jardins.

Après cette publication, Drouyn reprend son activité de graveur pour ses Variétés girondines, monographies paroissiales publiées dans les Actes de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Bordeaux de 1878 à 1885 qu'il illustre de 45 eaux-fortes originales; il poursuit ensuite ses études et ses gravures pour la Rebue Catholique de Bordeaux.

Les dernières années de sa vie sont consacrées à des grands formats, vues de Bordeaux ou de monuments, dessinés à l'encre brune mais une plaque de cuivre portant l'inscription Souvenir 1895 témoigne de son activité de graveur jusqu'à l'année précédant sa mort.

Catherine Bonte


Bordeaux vers 1450
, description topographique, Leo Drouyn
1874, I vol. in-4, 621 p., Inv. 98.15.1
© L. Gauthier, mairie de Bordeaux
 

Bordeaux vers 1450, description topographique, ©photo L. Gauthier mairie de Bordeaux

Bordeaux vers 1450, description topographique, ©photo L. Gauthier mairie de Bordeaux