14 haches de bronze

2000
14 haches de bronze, transition Bronze ancien - Bronze moyen (vers 1500 av. J.-C.), Bronze, Inv. 2000.11.1 à 2000.11.14, Don des Amis du musée d'Aquitaine

En 1976, Roger Minjacq trouva fortuitement un dépôt de 34 haches lors de travaux de terrassement dans une carrière le long de la jalle de Martillac, dans la vallée de la Garonne à une vingtaine de kilomètres au sud de Bordeaux.

Un ensemble de 24 haches, dont les 14 exemplaires achetés depuis par l'association, a été étudié par Alain Roussot puis par Julia Roussot-Larroque qui a montré l'intérêt de cette découverte pour la connaissance de la période de transition, encore peu documentée, entre le Bronze ancien et le Bronze moyen.

Elle a tout d'abord mis en évidence les caractères morphologiques communs qui se dégageaient de cet ensemble de haches à rebords qui inclut 2 haches-ciseaux, très étroites et élancées. Ce faisceau de ressemblances lui permet ainsi un regroupement sous le nom de « type de Martillac ». Or certains de ces traits, comme l'extrémité supérieure échancrée, de caractère oriental, sont quasi absents de la zone atlantique et témoignent des relations Est-Ouest. D'autre part, si les bords concaves et les tranchants élargis sont loin du type médocain, d'autres caractères s'en rapprochent et font des haches de Martillac des prototypes possibles pour les haches médocaines du Bronze moyen : leur taille pouvant atteindre 20 cm, leur poids élevé et le martelage décoratif des plats et des flancs. « Le dépôt de Martillac occupe ainsi une position clé, à un moment où les influences d'Europe centrale contribuent, jusque dans la vallée de la Garonne, à la formation de types proprement régionaux du Bronze moyen qui vont se dégager progressivement de leurs modèles ». (p.41)

L'analyse métallographique du bronze a montré que les teneurs des différents composants de l'alliage varient selon les haches alors qu'au Bronze moyen ces pourcentages deviennent plus stables. Le composant principal de l'alliage est le cuivre (92 à 84,6 %), sec, dur et difficile à fondre.L'adjonction d'étain en augmente la dureté, le rend plus fusible et malléable à chaud et donc plus fluide à la coulée ; sa teneur varie de 4,4 à 13 % alors qu'au Bronze moyen, les haches seront plus riches en étain mais plus pauvres en arsenic, utilisé comme durcisseur, cont la teneur à Martillac varie de 2 à 0,15 %.

« Le dépôt de Martillac apporte une information bienvenue sur une période encore mal connue en Aquitaine. Le bon marqueur chronologique et culturel qu'est la hache-ciseau le situe précisément à la transition Bronze ancien - Bronze moyen, correspondant dans nos régions à la phase initiale de la civilisation des Tumulus des régions de l'Est, ce que confirment les analyses spectrographiques du métal. Il permet d'identifier, sur la base d'un échantillon suffisant, un type de haches qui n'avait pas été isolé jusqu'ici, n'étant représenté que par de trop rares trouvailles. Il éclaire ainsi d'un jour nouveau les antécédents du Bronze moyen en Aquitaine, particulièrement en Gironde. » (p. 48)

Julia ROUSSOT-LARROQUE, « Le dépôt de Martillac (Gironde) et la transition Bronze ancien - Bronze moyen en Aquitaine », in Revue Achéologique de Bordeaux, tome LXXXII, année 1991, p. 31 à 52.

Catherine Bonte

14 haches de bronze, ©photo L. Gauthier mairie de Bordeaux

14 haches de bronze, ©photo L. Gauthier mairie de Bordeaux